Q/R : Que faire en cas de réveil nocturne lorsqu’on a un cancer du sein ?
Michèle, patiente et sœur de combat, nous écrit…
Je suis actuellement traitée pour un cancer du sein et je suis en cours de chimiothérapie. J’ai beaucoup de réveils nocturnes. Que puis-je faire ?
Chrystèle, co-fondatrice des Amazones Re-Belles, lui répond…
Chère Michèle,
J’ai connu cette situation. Le réveil nocturne est fréquent et touche entre 60 % à 80 % des femmes atteintes du cancer du sein.
Plusieurs raisons peuvent expliquer vos réveils :
- l’anxiété liée au diagnostic.
- les effets secondaires des traitements (chimiothérapie, hormonothérapie).
- les douleurs physiques, ou encore un dérèglement circadien : le sommeil devient plus fragmenté entrainant une diminution du sommeil profond et les siestes diurnes prolongées, mais nécessaires, dérèglent l’horloge biologique et augmentent le nombre de réveils la nuit.
- le stress mental et les changements hormonaux sont souvent les premiers responsables.
- les traitements peuvent aussi perturber la température corporelle (bouffées de chaleur et sueurs nocturnes intenses), ainsi que les émotions et les cycles hormonaux, rendant le sommeil plus léger.
La fatigue accumulée et la peur de ne pas « tenir » accentuent parfois ce cercle vicieux.
Que faire immédiatement lors d’un réveil nocturne ?
- Ne pas paniquer. Se réveiller la nuit n’est pas anormal. Rester calme permet d’éviter d’activer encore plus le cerveau.
- Éviter de regarder l’heure. Cela génère souvent plus d’angoisse.
- Respirer profondément. La respiration lente comme inspirer 4 secondes et expirer 6 secondes aide à apaiser le système nerveux. Vous posez une main sur le cœur et une sur le ventre renforce la sensation de sécurité intérieure.
- Faire un auto-massage en pleine conscience. Masser doucement ses mains, ses bras, ou son ventre en portant attention aux sensations peut détendre le corps et recentrer l’esprit.
- Accueillir le réveil sans lutter. Plutôt que de forcer le sommeil, respirer, visualiser une lumière douce ou une image apaisante aide à se rendormir naturellement.
- Rester dans un environnement calme. Si on ne se rendort pas après 15-20 minutes, mieux vaut sortir de votre lit et faire une activité calme dans une lumière tamisée (lire un livre, écouter une méditation guidée, pratiquer la cohérence cardiaque). Un massage des pieds, avec une huile végétale douce (amande, jojoba…), favorise aussi la détente du système nerveux.
Y a-t-il des choses à éviter la nuit ?
Oui. Il est conseillé de ne pas :
• Allumer son téléphone ou consulter les réseaux sociaux.
• Regarder des écrans lumineux (ils bloquent la mélatonine).
• Manger, sauf en cas de réel besoin (hypoglycémie).
• Ruminer ou se projeter dans des scénarios anxiogènes.
• Se juger ou se mettre la pression pour « absolument dormir » : l’acceptation et la douceur envers soi facilitent le retour au calme.
Comment prévenir ces réveils nocturnes ?
- Éviter la caféine et l’alcool en fin de journée.
- Créer une routine du soir régulière : heure de coucher fixe, activités apaisantes, lumière douce.
- Apaiser le corps avant le coucher : quelques respirations lentes, un auto-massage, ou une courte méditation de gratitude peuvent signaler au corps qu’il est temps de se détendre.
- Gérer l’anxiété en journée : relaxation, activité physique douce, soutien psychologique, groupes de parole, roll’on antistress aux huiles essentielles compatibles avec vos traitements.
- Intégrer l’auto-massage dans le quotidien, même en dehors des réveils nocturnes, pour baisser le niveau de stress général. L’automassage des mains est idéal pour commencer cette routine.
Nous vous proposons de visionner cette courte vidéo sur l’auto-massage des mains :
Réflexologie des mains : Auto-massage – Objectif Anti stress en 5 minutes !
- Pratiquer la cohérence cardiaque. Cette méthode de respiration (5 secondes d’inspiration, 5 secondes d’expiration, pendant 5 minutes) synchronise le rythme cardiaque et calme le mental. On peut utiliser des applications ou vidéos guidées pour s’aider.
Découvrez notre article sur la cohérence cardiaque dans la gestion du cancer du sein.
- Soutenir le corps naturellement : avec l’accord du médecin, certaines tisanes (mélisse, camomille, tilleul) ou un apport en magnésium peuvent aider à réguler le sommeil.
- Tenir un journal de sommeil pour repérer les déclencheurs (stress, douleurs, émotions, alimentation).
- Créer un environnement propice au repos : chambre fraîche, calme, sans lumière vive, et rituels apaisants avant le coucher (lecture, musique douce, diffusion d’huile essentielle de lavande si tolérée).
Faut-il consulter si cela persiste ?
Oui, absolument. Si les réveils sont fréquents, s’ils empêchent de récupérer, ou s’ils sont liés à des douleurs ou à des pensées envahissantes, il est important d’en parler à l’équipe médicale. Il existe des solutions concrètes : accompagnement psychologique, ajustement des traitements, soutien au sommeil.
Chère Michèle, j’espère que ces différents conseils vous aideront à retrouver un sommeil de bonne qualité. Toutefois, si cela n’est pas suffisant, un accompagnement complémentaire comme la sophrologie, la relaxation, l’hypnose, les Techniques d’Optimisation du Potentiel®.
Notre article sur la sylvothérapie – les bienfaits de la marche en forêt – peut aussi vous aider à retrouver un meilleur équilibre et un sommeil plus réparateur.
Avec tout mon soutien,
Chrystèle Millet
