Q/R Mon ado est replié sur lui-même, que faire ?
Jacqueline, patiente et sœur de combat, nous écrit…
« J’ai 45 ans et depuis que j’ai annoncé mon cancer du sein, mon fils, adolescent de 15 ans s’est complètement refermé sur lui-même. Il ne parle plus, s’enferme dans sa chambre, évite les discussions. Je suis très inquiète pour lui, mais je ne sais pas comment l’aider. Que puis-je faire? ».
Chrystèle, co-fondatrice des Amazones Re-Belles, lui répond…
Jacqueline,
Tout d’abord, sachez que votre inquiétude est parfaitement légitime. Lorsqu’une mère est confrontée à la maladie, cela peut bouleverser profondément l’équilibre émotionnel de la famille. Les adolescents, en particulier, vivent déjà une période intérieure très intense, et un événement aussi déstabilisant que le cancer peut les plonger dans un silence protecteur.
Ce repli sur soi peut être une manière pour votre enfant d’exprimer des émotions difficiles à nommer : la peur, la colère, l’impuissance, la tristesse. Il se peut qu’il cherche, inconsciemment, à se protéger d’une réalité trop douloureuse à affronter.
Voici quelques pistes qui peuvent vous aider à créer un espace d’apaisement et de communication :
Restez présente, sans le brusquer. Même s’il ne parle pas, votre adolescent a besoin de sentir votre présence, votre constance et votre amour. Vous pouvez simplement lui dire : « Je vois que tu ne vas pas très bien en ce moment. Je suis là, quand tu voudras parler. »
Partagez vos propres émotions avec simplicité. En osant montrer que vous aussi ressentez des choses (sans l’inquiéter davantage), vous lui ouvrez une porte. Par exemple : « Ce que nous vivons n’est pas facile pour moi non plus, mais j’ai confiance qu’on peut traverser cela ensemble. »
Proposez des moments partagés sans pression. Une promenade, un film, un repas, un trajet en voiture… Les échanges « côte à côte », dans un cadre informel, sont souvent plus faciles pour les adolescents que les conversations en face à face.
Soutenez-vous avec des ressources extérieures. Un psychologue, un professionnel de l’accompagnement familial, ou un adulte de confiance peut parfois faire le lien, lorsque le dialogue entre parent et enfant est trop chargé d’émotion.
Faites confiance au temps. Le silence de votre adolescent aujourd’hui ne signifie pas qu’il restera toujours enfermé. Il a peut-être juste besoin de plus de temps pour intégrer ce qui se passe.
Enfin Jacqueline, prenez également soin de vous. Vous n’avez pas à porter seule le poids émotionnel de toute la famille. En vous entourant et en vous autorisant à demander de l’aide, vous donnez aussi à votre enfant un modèle de résilience et d’équilibre face à l’épreuve.
Citation
« Parfois, ce dont on a le plus besoin, ce n’est pas de réponses, mais d’une main tendue et d’un cœur qui écoute. »
— Anonyme