Cancer du sein : alimentation, sport, tabac et prévention
Cancer du sein : alimentation, activité physique, tabac, stress… notre mode de vie peut-il faire la différence ?
Alimentation, activité physique, tabac, alcool, poids, sommeil, stress… On entend beaucoup de choses sur les liens entre notre mode de vie et le cancer du sein.
Certaines sont scientifiquement bien établies. D’autres sont encore étudiées et méritent davantage de prudence.
Alors, peut-on réellement agir pour réduire le risque de développer un cancer du sein ou, lorsqu’on a déjà traversé la maladie, prendre soin de sa santé pour l’avenir ?
Oui, nous pouvons agir sur certains facteurs. Mais certainement pas tout contrôler.
Et c’est probablement le premier message que nous souhaitons faire passer aux Amazones Re-Belles : la prévention ne doit jamais devenir une source de culpabilité.
Une femme peut avoir une excellente hygiène de vie et développer malgré tout un cancer du sein. À l’inverse, avoir eu certaines habitudes considérées comme moins favorables ne signifie pas que l’on est responsable de sa maladie.
Le cancer est une maladie multifactorielle dans laquelle interviennent notamment l’âge, les hormones, certains facteurs génétiques et environnementaux ainsi que des facteurs liés au mode de vie.
L’objectif n’est donc pas de rechercher ce que nous aurions « mal fait », mais plutôt de nous demander :
À partir d’aujourd’hui, sur quoi pouvons-nous agir pour prendre soin de notre santé ?
- Alimentation et cancer du sein : revenons à l’essentiel
Pas de régime miracle, pas d’aliment magique et encore moins d’aliment capable, à lui seul, d’empêcher un cancer.
En revanche, les recommandations de prévention convergent vers un modèle alimentaire globalement équilibré, varié et riche en végétaux.
Alors, qu’est-ce qu’on mange ?
Dans la vie quotidienne, on peut notamment :
- augmenter la place des fruits et légumes ;
- consommer régulièrement des légumineuses : lentilles, pois chiches, haricots secs… ;
- privilégier les céréales complètes ou semi-complètes : pain, pâtes, riz, semoule… ;
- varier les sources de protéines : poissons, œufs, volailles, légumineuses… ;
- consommer des fruits à coque non salés ;
- privilégier certaines huiles végétales comme l’huile d’olive, de colza ou de noix ;
- favoriser autant que possible une cuisine simple et faite maison ;
- limiter les boissons sucrées et les aliments très riches en sucres, sel ou graisses saturées ;
- limiter les charcuteries et les viandes transformées ;
- boire principalement de l’eau.
En résumé : davantage de végétal, davantage de fibres, de la variété et le moins possible d’aliments très transformés.
Et surtout : gardons le plaisir de manger !
Une alimentation favorable à la santé n’a aucune raison d’être triste, punitive ou monastique.
Et le bio et les produits locaux ?
Choisir des produits locaux et de saison peut être intéressant pour de nombreuses raisons : fraîcheur, diversité alimentaire, environnement, soutien aux producteurs locaux…
Les produits biologiques permettent également de réduire l’exposition à certains pesticides.
Mais manger bio n’est pas une condition indispensable pour avoir une alimentation équilibrée. Mieux vaut manger des fruits et légumes conventionnels que ne pas en manger du tout.
- Alcool : moins on en consomme, mieux c’est pour la prévention du cancer
L’alcool mérite une place particulière car son lien avec plusieurs cancers, dont le cancer du sein, est aujourd’hui bien établi.
Et contrairement à une idée encore répandue, ce n’est pas uniquement une question d’alcool fort.
Vin, bière, champagne, apéritifs ou spiritueux : c’est l’éthanol contenu dans la boisson qui compte.
Pour la prévention du cancer, réduire sa consommation est donc bénéfique et ne pas consommer d’alcool permet d’éviter ce facteur de risque.
Cela ne signifie pas qu’un verre de vin provoquera un cancer du sein. Le risque est une notion statistique qui augmente avec l’exposition.
Là encore : informer plutôt que culpabiliser.
- Curcuma, soja, gluten, lactose, compléments alimentaires… attention aux idées reçues
Dès que l’on parle de cancer et d’alimentation, les aliments « anticancer » et les aliments prétendument interdits ne sont jamais très loin.
Quelques précisions s’imposent.
Le curcuma
Le curcuma est une épice intéressante dans le cadre d’une alimentation variée. Certains de ses composants, notamment la curcumine, font l’objet de recherches.
Mais cela ne transforme pas pour autant le curcuma en traitement anticancer.
Il faut également distinguer les quantités alimentaires utilisées en cuisine des compléments alimentaires fortement dosés.
Pendant un traitement contre le cancer, mieux vaut demander conseil à son oncologue ou à son pharmacien avant de prendre du curcuma sous forme concentrée ou tout autre complément alimentaire.
Le soja
Le soja ne doit pas être automatiquement « blacklisté » après un cancer du sein.
La question est plus nuancée, notamment parce qu’il contient des isoflavones, substances végétales appartenant à la famille des phytoœstrogènes.
Il faut là encore distinguer une consommation alimentaire raisonnable — tofu, boisson au soja, yaourt au soja… — de compléments très concentrés en isoflavones.
En cas de cancer hormonodépendant ou de traitement hormonal, la meilleure attitude reste de demander un conseil personnalisé à l’équipe médicale.
Gluten et lactose
En dehors d’une maladie cœliaque, d’une allergie ou d’une intolérance médicalement identifiée, supprimer systématiquement le gluten ou le lactose n’est pas une recommandation générale de prévention du cancer du sein.
Une éviction inutile peut même compliquer l’équilibre alimentaire.
Compléments alimentaires : naturels ne veut pas dire anodins
Vitamines, plantes et compléments alimentaires peuvent interagir avec certains traitements.
C’est notamment la raison pour laquelle l’automédication est déconseillée pendant un traitement anticancéreux.
Avant de commencer un complément alimentaire, une plante médicinale ou un produit fortement dosé, demandez l’avis de votre oncologue, médecin ou pharmacien.
- Surpoids, obésité et ménopause : pourquoi en parle-t-on ?
Après la ménopause, le surpoids et l’obésité sont associés à une augmentation du risque de cancer du sein.
Pourquoi ?
Avant la ménopause, les ovaires constituent la principale source d’œstrogènes. Après la ménopause, leur production diminue fortement, mais d’autres tissus continuent à participer à la production d’œstrogènes, notamment le tissu adipeux.
Plus la quantité de tissu adipeux est importante, plus certains mécanismes hormonaux et métaboliques peuvent être modifiés.
L’excès de masse grasse peut également être associé à une inflammation chronique de bas grade et à des perturbations du métabolisme de l’insuline.
Mais attention au message transmis.
Il ne s’agit surtout pas de faire la guerre à son corps ou à sa balance.
Après un cancer du sein, le poids peut être influencé par de nombreux éléments : traitements, hormonothérapie, ménopause, fatigue, diminution de l’activité physique, troubles du sommeil, stress ou modifications métaboliques.
L’objectif est donc davantage de rechercher progressivement un équilibre favorable à la santé que de poursuivre à tout prix un chiffre idéal sur la balance.
Et pour cela, nous disposons d’un formidable allié : le mouvement.
- Activité physique : bouger pour sa santé
Voilà probablement l’un des messages les plus importants de cet article :
Bouger régulièrement est bénéfique avant, pendant et après un cancer, lorsque l’état de santé le permet.
L’activité physique intervient sur plusieurs mécanismes : composition corporelle, métabolisme, sensibilité à l’insuline, inflammation, condition cardiovasculaire et musculaire.
Chez les personnes ayant été traitées pour un cancer, elle peut également contribuer à améliorer la condition physique, la qualité de vie et, dans certaines situations, la fatigue liée au cancer.
« Oui, mais moi, je ne suis pas sportive ! »
Bonne nouvelle : personne ne vous demande de préparer les Jeux olympiques.
Marcher, jardiner, danser, faire du vélo, nager, monter les escaliers, bricoler, faire certains travaux ménagers…
Tout mouvement compte.
L’objectif est surtout de réduire la sédentarité et d’introduire progressivement davantage de mouvement dans son quotidien.
La marche reste l’une des activités les plus simples : gratuite, accessible et adaptable à de nombreux niveaux de condition physique.
Et après un cancer ?
Les capacités sont différentes d’une femme à l’autre et peuvent évoluer pendant les traitements.
Fatigue importante, chirurgie récente, problèmes cardiaques, neuropathies, douleurs articulaires, lymphœdème ou autres complications peuvent nécessiter certaines adaptations.
C’est précisément tout l’intérêt de l’Activité Physique Adaptée (APA).
Un professionnel formé peut proposer des exercices tenant compte de votre état de santé, de vos traitements et de vos capacités.
Le principe pourrait se résumer ainsi :
Bouger, oui. Se comparer, non.
Et les jours où le corps dit « doucement », on l’écoute.

Parce que bouger peut aussi être une façon de se réapproprier son corps et de retrouver confiance, découvrez le témoignage d’Emmanuelle Aviron.
- Tabac et cancer du sein : un risque à ne pas négliger
Lorsque l’on parle tabac et cancer, on pense spontanément au poumon.
Pourtant, les substances contenues dans la fumée du tabac ne restent évidemment pas dans les poumons. Elles passent dans la circulation sanguine et atteignent différents tissus de l’organisme.
Les études montrent une association entre tabagisme et augmentation du risque de cancer du sein, même si le tabac constitue un facteur de risque beaucoup plus important pour d’autres cancers.
Le tabagisme passif n’est pas non plus anodin.
Arrêter de fumer est bénéfique à tout âge
Et surtout, une chose mérite d’être répétée :
La dépendance au tabac n’est pas simplement un manque de volonté.
Elle comporte une dimension physique, comportementale et souvent émotionnelle.
Il existe heureusement de nombreuses aides :
- substituts nicotiniques : patchs, gommes, pastilles, sprays… ;
- consultation avec un médecin ou un tabacologue ;
- accompagnement psychologique ou thérapie cognitivo-comportementale ;
- soutien téléphonique ou numérique ;
- activité physique ;
- stratégies permettant d’identifier et de modifier les situations déclenchant l’envie de fumer.
Certaines approches complémentaires peuvent aider certaines personnes à mieux vivre le sevrage, mais elles ne doivent pas remplacer les méthodes dont l’efficacité est démontrée.
Et la cigarette électronique ?
La cigarette électronique n’est pas un produit anodin et elle n’est évidemment pas destinée aux personnes qui ne fument pas.
Mais vapoter et fumer une cigarette combustible n’exposent pas exactement aux mêmes substances ni aux mêmes niveaux de risque.
Pour une personne dépendante au tabac qui souhaite arrêter, la question de la cigarette électronique mérite donc une discussion individualisée avec un professionnel de santé plutôt qu’une opposition simpliste entre « bonne » et « mauvaise » solution.
L’objectif final reste le même : sortir du tabagisme.
- Stress et cancer du sein : que sait-on vraiment ?
Voici un sujet particulièrement sensible.
« J’ai eu mon cancer parce que j’ai trop stressé. »
« J’ai vécu un traumatisme et mon cancer est arrivé ensuite. »
« Si je stresse, mon cancer va revenir. »
Ces pensées peuvent être extrêmement culpabilisantes.
À l’heure actuelle, nous ne pouvons pas affirmer qu’un stress psychologique provoque directement un cancer du sein ou sa récidive.
En revanche, nous savons parfaitement que le stress chronique peut affecter profondément la santé et la qualité de vie.
Lorsque notre système d’alarme reste activé trop longtemps, cela peut perturber le sommeil, l’humeur, la concentration ou certains comportements.
Et lorsque nous sommes épuisées ou anxieuses, nous pouvons également avoir davantage tendance à moins bouger, manger différemment, fumer davantage ou consommer plus d’alcool.
Prendre soin de son stress a donc toute sa place dans une démarche globale de santé.
Non parce qu’il faudrait être parfaitement zen pour empêcher le cancer de revenir, mais parce que vivre mieux aujourd’hui est déjà une excellente raison de le faire.
- Quelques outils pour retrouver le calme
Il n’existe pas une méthode universelle.
Certaines personnes se détendent en marchant. D’autres méditent, jardinent, pratiquent la sophrologie, écoutent de la musique ou ont simplement besoin de parler.
L’essentiel est de trouver ce qui nous convient.
Prendre soin de son sommeil
Quelques habitudes simples peuvent favoriser un sommeil de meilleure qualité :
- conserver autant que possible des horaires réguliers ;
- réduire les excitants en fin de journée ;
- limiter les écrans juste avant le coucher ;
- éviter une chambre trop chaude ;
- pratiquer une activité physique régulière ;
- installer progressivement un rituel d’apaisement avant de dormir.
Et surtout, lorsqu’un trouble du sommeil persiste, ne pas hésiter à en parler à un professionnel de santé.
Après un cancer du sein, douleurs, anxiété, bouffées de chaleur ou certains traitements peuvent réellement perturber le sommeil.
Il ne faut pas forcément apprendre à « vivre avec ».
Respirer
La respiration lente peut favoriser l’apaisement du système nerveux.
La cohérence cardiaque est l’une des pratiques que nous aimons particulièrement chez Amazones Re-Belles.
Quelques minutes de respiration régulière peuvent constituer une petite parenthèse dans la journée : revenir au corps, ralentir et laisser progressivement retomber la tension.
Et pourquoi pas le massage ?
Massage, automassage, relaxation, méditation, sophrologie…
Ces pratiques ne traitent pas le cancer.
En revanche, elles peuvent contribuer au bien-être, à la détente et à une meilleure relation avec un corps qui a parfois été mis à rude épreuve par les traitements.
Et cela compte aussi.
- Tout ne dépend pas de notre mode de vie
Il est essentiel de le rappeler.
Certains facteurs de risque du cancer du sein ne sont pas modifiables.
L’âge en fait partie.
Les antécédents personnels et familiaux également.
Certaines personnes sont par ailleurs porteuses d’une prédisposition génétique augmentant fortement leur risque de développer certains cancers.
Les mutations des gènes BRCA1 et BRCA2 figurent parmi les plus connues, mais elles ne sont pas les seules.
Ces gènes interviennent normalement dans des mécanismes essentiels de réparation de l’ADN. Certaines mutations héréditaires peuvent altérer cette fonction et augmenter le risque de cancer.
Dans certaines familles, une consultation d’oncogénétique peut donc être proposée.
Voilà pourquoi il est injuste et scientifiquement faux de résumer le cancer à une conséquence du mode de vie.
- Nos 7 réflexes à retenir
S’il ne fallait conserver que quelques messages de cet article, ce seraient ceux-ci :

Pour conclure : agir sans culpabiliser
Nous pouvons agir sur une partie de notre santé.
Notre alimentation, notre activité physique, notre consommation d’alcool ou de tabac et, dans une certaine mesure, notre sommeil et notre manière de prendre soin de nous constituent autant de petits leviers.
Mais prévenir n’est pas contrôler.
Une alimentation parfaite n’est pas une assurance contre le cancer.
Faire du sport ne constitue pas un bouclier absolu.
Et avoir traversé une période de stress ne signifie certainement pas que l’on a provoqué sa maladie ou que l’on provoquera une récidive.
Alors faisons ce qui est possible.
Pas pour devenir des femmes parfaitement irréprochables en matière d’hygiène de vie.
Mais pour donner à notre corps et à notre esprit les meilleures conditions possibles pour avancer.
Et puisque nous avons beaucoup parlé d’équilibre dans cet article, terminons avec notre recette du bonheur des Amazones Re-Belles :
Pour 1 kg de bonheur, prenez 850 g de relations sociales de qualité, que vous mélangerez intimement à 100 g d’activités satisfaisantes en prenant soin de ne pas négliger votre santé physique et mentale.
Saupoudrez le tout d’une pincée de gratitude et ajoutez un trait d’adaptation au changement.
À déguster sans modération.
Rédactrices Isabelle Delanoy et Chrystèle Millet
